Je n’ai pas pour habitude de sortir de la bulle socio-professionnelle qui est la mienne et rarement, de surcroit, pour m’immiscer dans le débat politique. Ce qui ne m’empêche pas d’avoir une opinion et avec d’autant plus d’aisance, que depuis 2012, je ne suis plus votant à Saint-Gervais les Bains mais à Le Moule en Guadeloupe, île où j’exerce la même profession sportive de Directeur d’École professionnelle de Parapente.

Il peut y avoir deux types de résidences : là où l’on vit par le cheminement « généalogique » et là où on décide de s’installer. Tant Saint-Gervais que Le Moule furent des choix de ma part, pour des raisons professionnelles d’abord, puis par choix de vie ensuite.

Depuis 25 ans que j’évolue à Saint Gervais, mes rapports avec Mr Le Maire ont connu des hauts et des bas, mais toujours dans un esprit constructif, respectueux et sincèrement tournés vers un seul objectif : l’intérêt de la commune.

Alors oui, je l’ai vu évoluer notre station-village ; des travaux, il y en eu, un mal pour un bien. En créole, on dit « si grain’ di riz ka fait sac di riz ». Mais sincèrement, quel plaisir de revenir chaque saison estivale dans « mon chez moi » alpin ! C’est là que ma compagne et moi avons décidé de nous marier ! J’ai le privilège de par mon statut de compétiteur membre de l’Équipe de France de voyager un peu et c’est justement le meilleur moyen de se rendre compte que la balance des comparaisons est largement positive en faveur de Saint-Gervais. On dit que l’herbe est toujours plus verte dans le champ voisin… et bien elle y est plus douce à Saint-Gervais ! C’est bien plus à l’équipe municipale ayant pour chef d’orchestre Jean-Marc Peillex que reviennent les satisfécits de mon propos, pas nécessairement aux femmes et hommes individuellement, il est de notoriété locale que je ne m’entends pas avec tout le monde au sein de l’équipe municipale. Mais c’est le constat du travail accompli par ces équipes successives et, parfois même, avec le soutien d’une réflexion contradictoire et constructive de l’opposition municipale lorsque notre démocratie permet cette complémentarité intelligente. En toute honnêteté intellectuelle, comment ne pas mesurer le chemin parcouru et ne pas reconnaitre le travail accompli. En toute liberté de conscience, comment ne pas admettre et ce malgré de « savoureuses » divergences de vue parfois, que l’ascenseur social saint-gervolain, avant d’être hydraulique, ne me fut pas profitable ? Il est vrai que lorsqu’on décide de se mettre sous les feux de la rampe, il ne faut pas s’attendre à se faire que des ami(e)s, je suis personnellement très au fait de cette forme de jalousie, et vraiment, avec les 7000 km qui me séparent de mon village de cœur, le ressenti nauséabond et délétère de cette fin de campagne électorale n’est pas digne de citoyens vivant dans le même village.

Finalement, n’est-ce pas là une forme de reconnaissance du camp adverse : n’ont-ils pas finalement QUE cela en guise d’arme électorale !? Une campagne politique, c’est comme une compétition sportive ; on a un adversaire, pas un ennemi ! On « joue » le même jeu, pas une guerre… et il y a des règles ! Et si elles ne sont pas respectées, c’est carton jaune.

Là, je sors le rouge et, semble-t-il, sans avoir besoin de l’arbitrage vidéo ! Alors, oui Mr le Maire sortant, je vous souhaite d’être reconduit car votre travail échu le mérite et le travail à venir a besoin de vous.

Mandature qui vraisemblablement nous augure encore quelques discussions soutenues quant à d’éventuelles divergences de vue ; et cependant si elles sont bienveillantes et constructives, comme par le passé, je ne peux que vous faire confiance. Alors le mot de la fin sera de nouveau en créole : «  Fòs é honneur! Tchimbé raid pas moli » Monsieur le futur Maire de Saint-Gervais Les Bains

Sam Sperber
Directeur-fondateur A2L-PARAPENTE
Équipe de France « Parapente de Précision » 
Pro depuis 1987 – Plus de 27 000 vols.